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Pour donner un ordre d'idée, acquérir une simple copie d'une décision d'un tribunal administratif revient à 5 euros et soutenir un collègue jusqu'au Conseil d'Etat à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

 

Professeurs du second degré
Heures supplémentaires


Des heures supplémentaires rémunérées jusqu'à plus de 2 fois moins que celles des autres salariés

Le gouvernement actuel semble penser que la revalorisation du pouvoir d'achat des professeurs du second degré ne doit passer que par l'attribution d'heures supplémentaires (et de quelques primes ciblant de petits groupes de professeurs). Etrange position que de considérer que travailler plus pour gagner plus constitue une revalorisation du pouvoir d'achat... Parce que cela signifie que chaque heure de travail (qu'elle soit comprise dans le maximum de service statutaire ou supplémentaire) est de moins en moins bien rémunérée d'une année sur l'autre du fait de l'érosion monétaire que constitue l'inflation. Et parce que cette stratégie finit rapidement par atteindre ses limites : les journées ne font que 24 heures et les professeurs doivent consentir, comme chacun, un temps physiologique incompressible (la vie sociale n'ayant qu'à se confondre avec la vie professionnelle...).
Enfin, il ne faut pas publier que de nombreux collègues sont exclus de fait de cette fausse revalorisation dans la mesure où ce n'est pas le professeur qui choisis de faire ou pas des heures supplémentaires : il ne peut qu'accepter de faire les heures supplémentaires qu'on lui propose. Et, pour de nombreux collègues, il n'est proposé aucune heure supplémentaire, ou une quantité ne permettant pas d'espérer compenser la perte de pouvoir d'achat liée à l'inflation. Les écarts de revenus entre les professeurs ne peuvent dans ces conditions qu'augmenter.
Au final, le gouvernement semble considérer qu'il suffit d'affamer les salariés pour pouvoir réduire leur rémunération horaire. Et cette stratégie d'avoir de fortes chances de porter ses fruits dans la mesure où elle n'est pas clairement comprise par la majorité des salariés. Considérer qu'il suffit de « travailler plus pour gagner plus », ou plutôt qu'en ne travaillant pas plus on est condamné à gagner moins, est extrêmement dangereux. Ce n'est pourtant pas le seul problème que posent, dans le second degré, les heures supplémentaires aujourd'hui...
Les heures supplémentaires sont en premier lieu nettement moins bien rémunérées, pour la plupart des professeurs, que les heures comprises dans le service statutairement défini. Et l'écart de rémunération peut devenir très important. Dans ces conditions, travailler plus permet de gagner plus en termes de pouvoir d'achat global mais chaque nouvelle heure de travail réduit la rémunération des heures de travail effectuées (les économistes diraient que la rémunération marginale des professeurs est décroissante). Le raisonnement est mathématiquement impossible à contester. Voilà une bien étrange façon de comprendre la maxime «travailler plus pour gagner plus» et de motiver les professeurs...
Malgré les dernières mesures visant à exonérer les heures supplémentaires de cotisations sociales salariales et à les exonérer d'impôt sur le revenu (voici une raison des déficits croissants des comptes publics !), pour la plupart des professeurs, les heures supplémentaires restent rémunérées à un taux nettement inférieur au taux de rémunération des heures comprises dans leurs obligations de service. Si l'on oublie la première heure supplémentaire année rémunérée 20 % de plus que les autres heures supplémentaires année, seuls les professeurs certifiés dont l'échelon est inférieur ou égal à 4 (c'est-à-dire qui ont moins de 3 ans et 3 mois de carrière !) perçoivent plus lorsqu'ils donnent un cours à l'occasion d'une heure supplémentaire que lorsqu'ils donnent un cours inclus dans leurs obligations de service. Une heure supplémentaire est alors rémunérée de 23 % de plus au premier échelon (c'est-à-dire pendant trois mois…) à 4 % de plus au quatrième échelon (c’est-à-dire pendant 2 ans).
Au bout de 3 ans et 3 mois de carrière, le professeur perçoit moins lorsqu'il accomplit une heure supplémentaire que lorsqu'il accomplit une heure de cours incluse dans ses obligations de service. De 1 % de moins au cinquième échelon de la classe normale jusqu'à 33 % de moins au onzième échelon.
On est bien loin des 25 % de plus annoncés par le gouvernement. Et plus loin encore des 50 % de plus qu’un professeur devrait percevoir au-delà de 4 heures supplémentaires (correspondant à un temps de travail effectif de huit heures).
Et si l'on considère que les exonération de charges sociales et d'impôt sur le revenu présentes se traduiront par des déficits croissants des comptes publics et une dette croissante (les deux explosent d'ailleurs depuis que l'on a affirmé qu'il faut «travailler plus pour gagner plus», le supplément de revenu étant en parti payé par la Sécurité sociale...), il faut considérer le fait que dans l'avenir le remboursement de la dette réduira fortement le pouvoir d'achat des salariés, et surtout celui des agents de la fonction publique. Bref, dans le meilleur des cas, le revenu actuel augmente un peu grâce aux heures supplémentaires. Mais il diminuera plus encore dans les années à venir à cause d'elles (enfin, surtout de leur financement). Sur une longue durée, il est donc clair que travailler plus signifie gagner moins dans la fonction publique.
La rémunération des heures supplémentaires est à ce point peu attractive que le gouvernement a, en 2008, attribué une prime de 500 euros à tous les professeurs ayant 3 heures supplémentaires ou plus. Avec l'inconvénient des primes pour les salariés : sa disparition est à tout moment envisageable. Cette prime revient à augmenter la rémunération d'une heure supplémentaire d'un peu moins de 167 euros sur une année scolaire et d'un peu moins de 4.63 euros par heure de cours (soit d'environ 2 à 2.5 euros par heure de travail effective si l'on considère la réelle charge de travail correspondant à 1 heure de cours...). Dans ces conditions l'écart entre la rémunération des heures comprises dans les obligations de service et de l'heure supplémentaire est réduit. Mais il n'en reste pas moins que, pour la très vaste majorité des professeurs,  les heures supplémentaires restent rémunérées nettement moins que les heures comprises dans leur obligation de service. Et cette mesure creuse encore les inégalités de rémunération entre les professeurs, d'autant que seul un très petit nombre de professeurs peuvent prétendre à cette prime (et c'est bien le but : le nombre d'heures supplémentaires est limité et les administratifs font parfois leur possible pour que le moins de collègues possible atteignent le seul des 3 heures supplémentaires, en partageant les heures supplémentaires entre tous de manière à ne pas dépasser 2.5 heures supplémentaires ou, mieux encore, en concentrant le plus d'heures supplémentaires sur le plus petit nombre d'enseignants, ce qui permet en outre de majorer le moins possible d'heures supplémentaires, seule la première étant majorée...).
Si l'on compare maintenant la rémunération des heures supplémentaires proposées aujourd'hui à la rémunération des 8 premières heures supplémentaires dans le privé (taux de rémunération horaire normale plus 25 % plus exonération de cotisations sociales salariales plus exonération d'impôt sur le revenu) tous les professeurs sont systématiquement très en deçà de ce qu'ils seraient en droit d'espérer. En effet ils devrait percevoir de 32 % de plus au premier échelon à 142 % de plus au 11ième échelon si l’Etat acceptait de s’appliquer à lui-même les textes qu'il demande au privé d'appliquer. Les chiffres parlent d'eux-mêmes et témoignent bien de toute la considération que le gouvernement porte aux professeurs !
Bref, il est indubitable que les heures supplémentaires sont aujourd'hui mieux rémunérées qu'hier. Toutefois elles restent encore aujourd'hui largement moins bien rémunérées pour les professeurs qu'une heure de cours incluse dans leur obligation de service. Ce qui montre à quel point la situation antérieure était insupportable. Et à quel point elle le reste aujourd'hui.
Non seulement les heures supplémentaires sont très mal rémunérées (au point de considérer que de plus en plus de collègues risquent de préférer faire des heures supplémentaires dans le privé, la charge de travail étant nettement plus faible pour une rémunération proche et une liberté pédagogique plus grande), mais encore elles ne sont jamais payées à temps. Si bien que l'inflation vient encore grignoter leur pouvoir d'achat. Elles devraient être payées dès le mois d'octobre (le retard de paiement réglementaire correspondant au mois de septembre pouvant s'expliquer par la difficulté de mettre en paiement ces heures supplémentaires quelques jours après la rentrée). Elles ne le sont pratiquement jamais avant novembre, décembre, voire janvier. Autant se moquer des professeurs jusqu'au bout (d'un autre côté, vu qu'ils semblent consentants, puisque qui ne dit mot consent, pourquoi s'en priver ?). Le SNSFP dénonce cet état de fait et encourage tous les professeurs à réclamer dès le mois de novembre des intérêts moratoires sur les sommes non payées au titre des heures supplémentaires. Un dossier complet, avec modèle de recours gracieux et contentieux est disponible ici.

Des heures supplémentaires augmentant la «mauvaise» flexibilité pesant sur les épaules des professeurs

Si « travailler plus pour gagner plus » se justifie dans la mesure où chacun doit être libre d’augmenter réellement son niveau de rémunération en contribuant à l'enrichissement du pays, cet adage ne devrait aucunement s'immiscer dans la détermination des augmentations nécessaires pour maintenir, voire augmenter, le niveau de rémunération des salariés. Il s'agit là de deux problématiques totalement différentes.
Le recours aux heures supplémentaires ne doit pas être systématiquement dénoncé. Les heures supplémentaires peuvent en effet constituer un vecteur de flexibilité bien plus juste que le principal vecteur utilisé aujourd'hui : les TZR (professeurs titulaires affectés sur zone de relégation ou de remplacement, on ne sait plus trop quel substantif retenir aujourd'hui) et les mesures d'intimidation tentées pour imposer des décisions non réglementaires (décisions portant essentiellement sur les TZR d'ailleurs). Il est clair que si un service inférieur au maximum de service réglementaire est réglementaire, il n'est pas toujours légitime en l'absence de réductions de service motivées. Ne serait-ce que parce que cela induit une profonde inégalité entre les professeurs. Parce que cela traduit une affectation loin d'être optimale des fonds publics : à fonds publics investis dans l'Education nationale constants (ce qui est plus ou moins la règle, tout au moins en termes réels), les «sous-services» de certains, c'est moins d'heures de cours pour les élèves et/ou plus d'heures supplémentaires à absorber par les collègues. Parce que, enfin, cela constitue un élément susceptible de dégrader plus encore l'image du corps professeur dans l'esprit de nos concitoyens, en diminuant fortement le temps de travail moyen d'un professeur (les statistiques prenant souvent cette donnée en considération, notamment dans les discussions visant à obtenir une réduction du temps de travail pour tous les professeurs : améliorer la situation ponctuelle de certains revient alors à dégrader la situation du plus grand nombre). Il est bien évidemment tout aussi illégitime d'imposer à un professeur un service supérieur au maximum de service augmenté de l'heure supplémentaire qui peut être imposée d'office. L'équilibre des deux positions constitue d'ailleurs un argument de plus en faveur de l'illégitimité de «sous-services» généralisés, dans la mesure où demander à la fois la généralisation des sous-services et la disparition des heures supplémentaires reviendrait à réclamer le beurre et l'argent du beurre...
Le recours aux heures supplémentaire doit donc rester relativement réduit. Ne serait-ce que pour ne pas se traduire par des inégalités de revenus croissants entre collègues lorsque chacun, alors qu'il accepterait de faire des heures supplémentaires, ne peut pas en obtenir. Elles doivent seulement être utilisées pour éviter des sous-services généralisés en l'absence de recours à des compléments de service non réglementaires (en rappelant que les compléments de service doivent intervenir dans une même et seule ville : celle dans laquelle est effectué le premier service confié et que, pour les TZR, on peut également considérer qu'ils doivent toujours intervenir dans la ou les disciplines de recrutement). Ainsi lorsqu'accepter des heures supplémentaire réduit le service effectif d'un collègue et l'oblige à compléter son service dans un autre établissement, ses collègues doivent faire l'effort de refuser les heures supplémentaires proposées. En revanche, lorsqu'accepter des heures supplémentaires conduit à faire disparaître un complément de service dans l'établissement, il faut les accepter. Et ce d'autant plus que le complément de service est non réglementaire. Bref, les heures supplémentaires doivent uniquement servir à flexibiliser le travail des professeurs de manière à réduire fortement les «sous-services». A rien d'autre. Transformer l'utilisation actuelle des heures supplémentaire en utilisation plus légitime ne dépend pas de l'administration, pas des syndicats mais de chacun. On est donc chacun responsable de la situation.

Une stratégie gouvernementale gagnante face à une statégie syndicale des plus criticables

Il semble nécessaire de rappeler au gouvernement que, depuis des siècles, le temps de travail moyen des salariés n'a cessé de diminuer, à un rythme rapide, alors que leur pouvoir d'achat n'a cessé d'augmenter. Considérer la chose impossible aujourd'hui semble donc relever de la stricte idéologie. Une idéologie digne de celle portée par certains au XIXe siècle et qui annonçait l'effondrement économique du pays à chaque fois que s'affirmait un nouveau droit des salariés.
Mais si le gouvernement s'accroche à cette stratégie, c'est qu'elle présente beaucoup d'intérêts pour lui.
Ce sont les rectorats et les chefs d'établissement qui distribuent les heures supplémentaires, recteurs et chefs d'établissement ont dans ces conditions un moyen de pression non négligeable sur les professeurs. Il est clair qu'il vaut mieux être en bons termes avec la hiérarchie si l'on désire que les heures supplémentaires proposées et effectuées évitent la diminution du pouvoir d'achat du traitement et des primes. Et, souvent, être en bons termes avec ces derniers, ça revient à tout accepter, même (surtout ?) lorsque les demandes ne sont ni légitimes ni réglementaires. Cette situation est bien connue des TZR, qui, confrontés à ce type de demandes bien plus fréquemment que quiconque (en quasi permanence ?), ont bien souvent, notamment parce que ces demandes ne reçoivent pas toujours une réponse positive, des notes administratives souvent plutôt ternes.
Transformer un poste en heures supplémentaires revient en outre à baisser fortement le coût des heures de cours. Tout en permettant d’atteindre l’objectif de non renouvellement d’un agent de la fonction publique sur deux. Il est donc à prévoir une augmentation continue du nombre d’heures supplémentaires que l’employeur public peut imposer aux professeurs (1 par semaine actuellement). Ou une baisse conséquente de leur pouvoir d’achat pour les forcer malgré eux à accepter des heures supplémentaires. Il ne s’agit au final ni plus ni moins que d’augmenter le temps de travail des professeurs sans le dire. Et il est probable que, dans quelques années, le gouvernement (de quelque bord qu'il soit) finisse par acter que le service effectif des professeurs est bien supérieur à leurs obligations de service en augmentant le maximum de service de tous. Sans pour autant réduire le temps de travail non compris dans les obligations de service (préparation, corrections, réunions, etc.). Il deviendrait donc plus facile de demander aux professeurs 35 heures de présence dans l'établissement (plus quelques dizaines d'heures de tâches annexes au domicile) pour une augmentation de salaire moins que proportionnelle (ce qui sera d'autant plus facile à imposer que les heures supplémentaires sont déjà nettement moins bien payées que les heures effectuées dans le cadre du maximum de service statuaire, peu à peu, le corps enseignant prend l'habitude de travailler toujours plus pour gagner toujours moins).
Certaines études affirment ainsi qu'est survenue une baisse de plus du cinquième du pouvoir d'achat des professeurs depuis le début des années 80. Et la  dernière étude du SNSFP a pu mettre en évidence une baisse de près de 8% du pouvoir d'achat des professeurs depuis le début des années 2000 (la baisse du pouvoir d'achat des professeurs ayant tendance à accélérer, tout au moins avant la crise financière puis économique qui a touché le pays en 2008). Les heures supplémentaires permettent de masquer en partie ou en totalité cette baisse. En effet l'augmentation du revenu de certains professeurs ayant travaillé plus masque la baisse du pouvoir d'achat du revenu horaire de l'ensemble des professeurs. Il devient alors facile de diminuer l'importance de la baisse du pouvoir d'achat de professeurs. Le cercle vicieux de se refermer alors. En l'absence de véritable revalorisation, la paupérisation des professeurs les oblige à accepter des heures supplémentaires. Cette stratégie est pourtant dangereuse pour le gouvernement. En l'absence de véritable revalorisation du revenu des agents de la fonction publique, ceux-ci peuvent finir par se rendre compte que la réussite économique du pays leur porte préjudice (croissance économique et inflation allant souvent de pair, la croissance économique réduit le pouvoir d'achat des agents de la fonction publique, en l'absence de revalorisation du point d'indice susceptible de compenser les effets de l'inflation ; la crise, au contraire, se traduit souvent par une déflation qui augmente le pouvoir d'achat des agents de la fonction publique, le point d'indice étant revalorisé en temps de crise comme en tant d'expansion...). Et la prise de conscience de devenir d'autant plus facile que le niveau de vie des agents de la fonction publique a diminué (les conditions sont donc réunies aujourd'hui plus que jamais pour que survienne une telle prise de conscience). Est-ce ainsi que l'on garantit que les agents chargés du bon fonctionnement du pays et de la prospérité de tous mènent au mieux leur mission ?
Les professeurs représentant près de 50% des agents de la fonction publique d’Etat, on comprend pourquoi le gouvernement tient tant que cela à réduire leur rémunération horaire. En effet chaque euro économisé sur un professeur se traduit au final par des économies conséquentes.... Ce qui explique que les professeurs soient, de tous les agents de la fonction publique, à niveau de qualification égal, les moins bien considérés en termes de rémunération. Les seuls par exemple à voir leurs heures supplémentaires rémunérées nettement moins bien que les heures comprises dans leurs obligations de service. C'est là la seule explication au fait que les heures supplémentaires soient si mal rémunérées. Les professeurs sont mal rémunérés car ils appartiennent à l'administration la plus importante du pays...
Quelle est alors la réponse des syndicats ? Elle semble à des années-lumière des enjeux du problème. Les syndicats sont, pour la plupart, opposés à ce que les professeurs acceptent des heures supplémentaires. Et il n'hésitent pas à s'investir fortement dans des campagnes de dénigrement (le mot n'est pas trop fort vu les affiches de certains syndicats !) des collègues qui acceptent des heures supplémentaires. Pour eux, mieux vaut un collègue dont le service est partagé entre plusieurs établissements, souvent forts éloignés, dans le care de compléments de services non réglementaires (jamais dénoncés alors que nombre de rectorat publient ouvertement la liste des postes à compléments de service non réglementaires proposés dans le cadre du mouvement !), que d'utiliser les heures supplémentaires pour réduire ce type de service. On comprend donc que leur demandes pour obtenir une rémunération plus juste et dans les temps des heures supplémentaires soient quasi inexistantes. Alors qu'il faudrait réclamer dans certains cas plus que le doublement de la rémunération de ces heures supplémentaires. Et que le versement des heures supplémentaires n'intervient pratiquement jamais dans les temps (voire de plus en plus tard). La logique est des plus étrange : si on obtient que les heures supplémentaires soient mieux rémunérées, ce qui correspond sans doute aux aspirations de la grande majorité des professeurs, les professeurs risquent d'être incités à en demander davantage. Ce qui coûtera des postes. Or le raisonnement est dangereux. En premier lieu parce qu'aller à l'encontre de ce qu'attend les collègues sensés être défendus par les syndicats explique sans doute que la représentativité syndicale tend aujourd'hui vers 0 si l'on prend en compte les adhésions. Ensuite parce que si la rémunération des heures supplémentaires est augmentée de manière à ce qu'une heure supplémentaire soit, en dehors de toute exonération, rémunérée 25 à 50 % de plus qu'une heure comprise dans les obligations de service, ce sont les rectorats qui réduiront fortement la quantité d'heures supplémentaires proposées. Et si aucune heure supplémentaire n'est proposée, les collègues ne risquent pas de pouvoir en accepter ! La stratégie appliquée est donc contre-productive pour atteindre l'objectif fixé. D'autant que les disciplines à effectifs pléthoriques ne se verront pas attribuer d'heures supplémentaires. Dans ces discipline, la baisse du revenu réel des professeurs, d'autant plus criante qu'elle ne sera pas partagée par les professeurs acceptant des heures supplémentaires dans les disciplines à effectifs tendus, fera qu'au final, ce seront les professeurs eux-mêmes qui réclameront une baisse des effectifs dans leur discipline. La même réflexion pouvant être menée à propos des affectations, les sureffectifs dans certaines disciplines condamnant certains collègues à devenir TZR et à le rester pendant de longues années ou décennies, années ou décennies synonymes de conditions de travail lamentables... Dans tous les cas l'employeur public essaie de diviser les professeurs pour mieux régner sur eux, en toute impunité vu la faiblesse de la réaction syndicale.
On peut également se demander pourquoi les syndicats cherchent à ce point à défendre l'emploi, quitte à sacrifier la défense du pouvoir d'achat (il suffit de regarder à quelle vitesse et avec quelle ampleur le pouvoir d'achat des professeurs à diminué pour se rendre compte du peu d'efforts consentis en la matière !). La réponse pourrait être une fois de plus dévastatrice. En effet le plus probable est que les syndicats ont aujourd'hui adopté une structure bureaucratique ayant pris une telle ampleur qu'une baisse des effectifs des professeurs ne pourrait que se traduire par une baisse des cotisants et une faillite financière des syndicats. D'ailleurs, si l'on en croit la présence syndicale dans certains établissements ces dernières années, il devient évident que la plupart des moyens financiers et humains ne servent plus qu'à reproduire d'une année à une autre une structure bureaucratique qui n'a aucune autre finalité... que sa propre reproduction. Une fis de plus, il suffit de comparer els moyens attribuer aux syndicats et leurs réalisations pour s'en rendre compte. Qu'est-ce que les syndicats ont obtenu ces dernières années ? Qu'ont-ils seulement exigé ? D'autres explications seraient sans doutes possibles mais celle-ci semble la plus objective. Considérer que critiquer les syndicats revient à les affaiblir est aujourd'hui la position dominante dans le petit monde clos du syndicalisme. On pourrait pourtant penser qu'analyser cette critique et chercher à voir dans quelle mesure elle est objective serait plus constructif. Notamment pour mettre en place une refondation totale et ambitieuse de l'action syndicale, refondation sans laquelle le syndicalisme est appelé à disparaître, faute de toute légitimité (en termes de représentativité, d'efficacité, etc.).
Bref, ne pas compter sur les représentants syndicaux pour obtenir une amélioration en matière de rémunération et d'utilisation des heures supplémentaires. Et bien entendu, encore moins compter sur l'administration. La seule solution est de compter... sur soi-même et de s'investir personnellement.
Le SNSFP demande :
- que tout temps de travail effectif soit pris en considération et rémunéré (temps de déplacement excédant le temps de déplacement résidence familiale-établissement de rattachement administratif ou de première affectation, temps de travail supplémentaire des professeurs coordonateurs, etc.). Le professeur aura le choix entre accepter des heures supplémentaires et/ou obtenir une réduction de service égale au temps de travail effectif ne se confondant pas avec les heures de cours;
- que les heures supplémentaires soient rémunérées comme pour le reste de la population active, avec une majoration de 25 à 50% (ce qui nécessite des augmentations allant jusqu'à plus de 100% pour certains collègues en fin de carrière);
- que les heures supplémentaires ne soient utilisées que pour faire disparaître les compléments de service non réglementaires et/ou non désirés sans que cela ne se traduise pour autant par une généralisation des sous-services;
- que la rémunération des heures supplémentaires soient versées dès le mois d'octobre, comme prévu par la réglementation et que tout retard de paiement fasse l'objet du versement systématique d'intérêts moratoires (seule mesure susceptible de moraliser l'attitude de l'employeur public en matière de retard de paiement);
- qu'il soit clairement indiqué aux chef d'établissement que d'apprécier la valeur d'un professeur sur le fait qu'il ait accepté ou refusé des heures supplémentaire est non réglementaire (ce qui revient à ne pas noter les chefs d'établissement sur les économies qu'ils font réaliser au rectorat en faisant accepter le plus d'heures supplémentaires possibles !);
- que jamais dans la détermination de l'évolution du pouvoir d'achat des professeurs les heures supplémentaires ne soient prises en compte. Une heure supplémentaire ne peut en effet en aucun cas être considérée comme une revalorisation du traitement et des primes (dans la mesure où elle est distincte de ces derniers éléments de rémunération). La revalorisation des traitements et primes des professeurs doit suivre de façon systématique celle de l'ensemble de la population salariée, le point d'indice devant évoluer au même rythme que la rémunération moyenne des actifs travaillant en France).
Bref, le SNSFP a tendance à croire qu'en acceptant de considérer que les demandes des professeurs sont légitimes et qu'en portant ces demandes, les problèmes posés en matière d'heures supplémentaires se règleront d'eux-mêmes...

Tableau récapitulatif sur les heures supplémentaires (à éventuellement afficher en salle des professeurs)


Nous invitons toute personne ayant rencontré un problème à ouvrir une discussion sur un forum de discussion du SNSFP afin de faire part à l'ensemble des collègues des éventuelles difficultés rencontrées et des résultats obtenus. A n'en pas douter, vous obtiendrez un soutien de la part des collègues consultant ce sujet de discussion.
Cela permettra également de susciter des recours collectifs contre ce type d' abus.

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